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Benetton dans le ton

Le 20 février 2013, 20:24 dans Société 0

En ces temps de fashion week et de défilés qui nous dévoilent peu à peu ce que nous porteront (ou pas) cet été, j’ai eu l’idée de m’attarder sur le récent virage d’une marque grand public: Benetton. Comme je vous le précisais dans mon précédent article, l’éloignement de toute civilisation me rend encore plus accro à la mode et mes divagations virtuelles et littéraires en la matière m’ont poussé à me pencher sur ce cas particulier.

United Colors of Benetton est comme son nom l’indique une marque italienne grand public à destination des people of ze world, à savoir, une griffe qui prône la tolérance, le partage et le melting pot. Pour moi, Benetton c’était avant tout des fringues austères, des coupes austères, un style austère. Les associations de couleurs douteuses, le kaki moche et les pulls de none n’arrangeaient rien. Mais ça c’était avant. Alors soit, je ne suis qu’une pauvre fashion victim influençable par l’abominable société de consommation dans laquelle nous vivons mais le virage promotionnel de Benetton démarré l’année dernière a fait battre mon coeur léopard.

SCANDALE !!

SCANDALE !!

Souvenez-vous, la campagne Unhate lancée en 2011, une série de photomontages où l’on voit entre autres s’embrasser l’ex futur Pape Benoit XVI et Mohamed Al-Tayed, Imam de la grande Mosquée du Caire ainsi que Barack Obama et le premier ministre chinois (mais que fait Bruce Willis ???) ou encore Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Cette campagne destinée à faire honneur à l’amour entre les peuples a provoqué beaucoup d’émotions, notamment de la part de l’Eglise catholique qui a ordonné la suppression des clichés offensants. Bingo. Provocation + message de paix et de looooove = tiens, Benetton peut être cool sans ses cols de chemises de bonne soeur. Le virage de Benetton est amorcé.

La jolie bande d'hipsters color block

La jolie bande d’hipsters color block

En 2012, la campagne Unemployee of the year (chômeur de l’année) vise à    souligner le problème croissant du chômage chez les jeunes. Re bingo. Moins provocante et plus subtile, cette campagne n’a elle fait l’objet d’aucune poursuite. Cette année marque aussi un tournant décisif pour Benetton: le grand manitou Luciano Benetton cède la direction du groupe à son fils Alessandro Benetton. Il n’y a pas à dire, le jeunisme ça fait toujours un peu de bien en ces temps de crise. Re re bingo. Désormais, Benetton est une marque branchée, qui l’aurait cru ? Pas moi en tout cas. Pourtant, force est de constater que la marque me séduit de plus en plus. Non pas parce qu’elle utilise désormais des hipsters de haut vol ou surfe sur des tendances plus ou moins underground mais parce que les vêtements hein c’est plus pareil. Mon cerveau, mes yeux et mon coeur fonctionnent parfois en harmonie. Les trois m’ont d’ailleurs dit oui au dernier coup de pub de la griffe: la réréréréxploitation du filon robe noire. La ligne Pin-Up sense propose une robe noire déclinable comme on veut (surtout comme on peut…): col V ou rond, courte ou longue, matière, faite votre choix selon votre morphologie et votre style. Mon cerveau, mes yeux et mon coeur se sont tous les trois dit la même chose: tu peux être grave bonne là dedans. Ha Ha Ha. Non mais sérieusement, Benetton est devenu fashion ! Faites un tour sur leur site pour découvrir la collection printemps/été qui joue d’imprimés joliment fleuris et de pulls wavy à souhait avec toujours cette petite touche ethnique qui va bien.

Pas au delà de la taille 36, faut pas déconner

Pas au delà de la taille 36, faut pas déconner

Suis-je la seule à avoir constater de changement de politique ? OU suis-je simplement une arriérée qui ne voit pas la mode où elle est ?

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Vis ma vie de saisonnière

Le 11 février 2013, 12:30 dans Société 0

Aucun article en 2 mois, bouh la vilaine mais j’ai une très bonne excuse, si si. D’abord les fêtes de fin d’année, j’espère d’ailleurs qu’elles ont été bonnes pour vous, que le papa Noël a su se montrer généreux et que vous avez bien profité des votre. De plus, le retour chez les parents, les finances en berne et l’absence d’opportunité professionnelle immédiate m’ont poussé à tenter une expérience nouvelle: travailler (et vivre donc) à la montagne pendant la saison d’hiver… Illico presto, je suis partie avec ma b*** et mon couteau à Val d’Isère, sur les pas de Jean-Claude Dus et de ses compères. Station réputée pour sa beauté, son domaine skiable immense et son beaufort. Située au bout de la vallée de la Tarentaise, au pied de la frontière italienne. Ce point géographique élucidé, laissez moi vous dire que j’ai trouvé du travail dans la seule et unique boulangerie du village qui jouit d’une popularité bien au delà des Alpes et que j’avais envie de vous conter un peu la vie en saison.

Partir sur un coup de tête est grisant, j’ai pu me le permettre de part ma situation merdique  embarrassante. Besoin de faire le point et surtout de me réconcilier avec mon banquier. Je crois que le plus difficile a été de partir sans mon toutou et mes vêtements. Car oui, je vis avec même pas le tiers de mon dressing et ça je ne le souhaite à personne. D’autant plus que le climat ne permet pas beaucoup d’excentricités vestimentaires, je porte la même paire de bottines depuis un mois et demi, qu’il a fallu déjà que je ressoude à la glu. Je bave devant les chapkas des belles russes et devant la capacité des anglaises à porter des talons de douze centimètres sur autant de centimètres de neige (non là je ne bave pas, je rigole car c’est poilant de les voir galérer). J’écume les blogs mode tous les jours, je guette les sites de shopping en ligne, j’ai envie de trucs importables, bref, je suis en manque. Ici pas de magasins abordables, la moindre Halle aux vêtements se situe à environ une heure de route et je ne parle même pas de Mango ou Zara. Ici il n’y a pas eu de soldes, il faut attendre la fin de la saison. Ici tout est cher, même très cher. Ici, je ne peux pas faire ma réserve de maquillage Kiko. Ici, je ne peux pas mettre de vernis à ongles car les baguettes et le froid me tuent les mains (on peut se faire très mal avec une croûte de pain, ne rigolez pas)…

Mais il n’y a pas que des inconvénients à être saisonnière, quand même ! Mes colocs cools, notre grand appart, les nouvelles rencontres qui rafraîchissent, le beau cadre de vie, la fête, le reblochon, le beaufort, le ski et le salaire à quatre chiffres (ayant écumer les petits boulots, je n’ai pas l’habitude du salaire à quatre chiffres). Mais ce qu’il y a de mieux en saison est de penser à tout ce que l’on va faire lors du retour. J’ai un vrai hiver avec les -25°C qui vous gèle les poils du nez mais quand je vais revenir, ce sera le printemps et ça met du baume au coeur. Quand je vais revenir, je vais prendre le soleil ardéchois et surtout m’offrir un trip à Boston, donc à New York, donc SHOPPING ! Quand je vais revenir, je vais trouver du travail dans ce qui m’intéresse et développer mon blog. Quand je vais revenir, je vais embrasser tous mes amis et ma famille qui me manquent aussi.

Promis, je vais essayer de trouver le temps pour écrire plus, je ne laisserai pas mon blog en désuétude à cause d’une patronne, disons coriace… Je vous offrirai d’ailleurs mes coups de coeur stylistiques.

 

La femme virtuelle est une salope

Le 5 décembre 2012, 18:51 dans Société 0

L’idée de faire cet article m’est venue lors d’une soirée jeux vidéos (oui je suis un peu geek sur les bords), pour ne pas citer de nom, il s’agissait d’un fameux jeu de guerre ultra réaliste dont le dernier opus est sorti il y a peu et a déjà fait de nombreux adeptes. Dans le mode multijoueur en ligne, il est possible d’incarner plusieurs joueurs dont une femme, et quelle femme ! Alors que les avatars masculins sont tous correctement vêtus pour aller exploser le crane des zombies (veste chaude, pantalon confortable, pulls de circonstance), notre demoiselle détonne car elle se balade tranquille pratiquement à poil. Jugez par vous même: mini veste nouée en dessous d’une imposante poitrine soutenue par un soutien gorge apparent et jean si moulant que tu te demandes comment elle fait pour courir avec… Pour ne pas gâcher le plaisir, cette poufiasse a une voix d’hôtesse de téléphone rose et lorsqu’elle trouve une seconde arme, elle nous gratifie d’un magnifique « je préfère quand j’en ai une dans chaque main »… Bon, on peut trouver ça drôle, même moi j’ai ri tant la représentation est grotesque, je ne sais pas quelle est la tenue idéale à avoir en cas d’invasion de zombie (tiens, une autre idée d’article…) mais ce qui est sur, c’est que je me vois mal dire à mes compagnons « attendez 2 minutes, je vais m’habiller en pute et je viens vous aider »…

Trop sexy pour aller combattre les zombies

Trêve de plaisanterie, cela nous amène à une question beaucoup plus profonde: quid de la représentation de la gente féminine dans l’univers du jeu vidéo ? Je ne suis pas féministe pour deux sous, pour moi un garçon doit toujours tenir la porte à une demoiselle, même si on a le même salaire. Pourtant, il y a quelques semaines, je suis tombée sur un article fort intéressant qui éludait un peu la question.

Lara Croft, Barbie 3D

Je ne peux bien sur pas aborder cette épineuse question sans parler de la bombesque Lara Croft, l’héroïne du jeu Tomb Raider. Sorti pour la première fois en 1996, ce (très bon) jeu d’aventure à la Indiana Jones a affolé les puceaux de la terre entière avec son personnage principal. Lara Croft: long cheveux bruns portés en tresse, voix suave et sensuelle, petit haut vert moulant un bonnet improbable et mini short où elle trouve quand même la place de caser ses flingues. Très bon coup de la part d’Eidos (le développeur du jeu) qui réussit à séduire le public masculin mais aussi féminin car, enfin, le héros virtuel est devenu héroïne. Mais une héroïne ultra sexuée qui fait même des petits « han » lors de la réception d’un saut. Jeune et innocente à l’époque, je suis tombée en pâmoison devant cette déesse, identification totale: on peut être sexy, tuer des gens et profaner des tombes, plus tard je voulais être Lara Croft. Un débat scabreux à éclot lorsque le trailer du nouveau Tomb Raider a été dévoilé (sortie prévue en 2013): on y voit une scène de flashback où notre bombe virtuelle se fait violer. Un journaliste du magazine Joystick a trouvé ce « calvaire charnel plutôt excitant ». Là, il y a un problème. Je ne vais pas m’étendre sur la perception du viol, ce n’est pas la question. Le problème est que si on y regarde de plus près, la femme virtuelle est le plus souvent représentée d’une manière exagérée: des gros seins et des jambes fuselées, avec une garde de robe improbable (porter un mini short en Alaska, pour moi c’est bizarre). Alors oui je sais, l’univers des jeux vidéos est connu pour être majoritairement masculin et donc il faut bien apporter un peu de rêve à ces messieurs mais cette représentation est systématique dans les jeux dits « pour hommes » (guerre, course, simulation).

Barbie Lara

Barbie Lara

De demoiselle en détresse à pétasse

Avant, la femme virtuelle était une petite chose sans défense qu’il fallait secourir à tout prix: Peach dans Mario Bros (qu’est-ce qu’elle nous a fait ch*** celle là !) ou encore la princesse dans Prince of Persia (celle pour qui on se faisait découper en 2 par un énorme hachoir, saloperie). La femme était passive, l’amour était invoqué pour aller manger des champignons et tuer des soldats. Mais depuis une dizaine d’année, la femme est devenue une salope comme les autres dans nos petits écrans, elle se trimbale sans complexe en nous exposant ses tétons. Là où le héros est un homme fort et brave, l’héroïne est sexy et brave. Une exception que j’ai constaté cependant: les jeux de rôle. Dans ces jeux, il est possible de créer son personnage, on peut choisir son sexe et enfin l’avatar féminin n’est pas une pouffe. Le sexe n’influence en rien, si ce n’est l’apparence. Dans le jeu Baldur’s Gate par exemple ou plus récemment dans la saga des Elder Scrolls (Morrwind, Oblivion, Skyrim, etc…), si l’on choisit d’être une minette, on aura certes de la poitrine mais notre tenue de départ ne sera pas une combinaison en latex et ce choix n’affectera pas nos caractéristiques. Il est possible bien entendu d’en faire une poupée gonflable mais le choix appartient au joueur. Cette exception peut venir de plusieurs points: déjà les jeux de rôle ont un public plus féminisé car l’univers s’apparente plus à l’imaginaire et à la « fantasy », il convient donc de faciliter leur identification. De plus, les jeux de rôle sont moins machiste, ce n’est pas de la violence de gros baraqué pure et dure, la femme y est donc moins perçue comme un objet. Quel bol d’air frais !

Oblivion. Une femme normale.

 

Vous l’aurez compris, en tant que joueuse régulière aux jeux vidéo, je commence à trouver cette représentation quelque peu irritante mais peut être que j’exagère et que nous sommes face à des codes immuables de l’univers virtuel faits pour attirer et flatter nos bons hommes.

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